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HISTOIRE
» serve. Les Français étaient vivement pressés» sur plusieurs points, et spécialement sur leur» gauche : mais une colonne ennemie, venant» deMozzambano ,1e long de la rive gauche du» Mineio, gravit avec rapidité les hauteurs de» Valeggio. Ce mouvement força nos troupes à» se replier. Le général Hohenzollern, qui» commandait la première ligne, fut contraint» de retirer son aile gauche , pour couvrir le» chemin de Valeggio à Villa-Franca, et con-» server la communication avec le corps qui■» était restait aux Furone. »
11 est évident que les Autrichiens furenttournés sur leur gauche, et dépostés des bordsdu Mineio. Il était, en effet, extrêmement im-portant pour eux de ne point se laisser débor-der à leur droite, et couper de Vérone, c’est-à-dire, de l’Allemagne. Dans ce cas, ils pouvaientvoir leur droite renversée sur leur gauche, etils s’exposaient à se faire culbuter dans le Min-cio. Ainsi, forcés à se retirer par leur droite,dès que les Français commencèrent à s’étendrede ce côté, ils perdirent leur point d’appuisur la rivière, et tout espoir de la défendreplus longtemps.
Sans vouloir assurément déprécier les talentsdu général Bellegarde, je ne puis m’empêcherd’observer qu’il est dilficile de concevoir uneligne plus forte, plus imposante, que cellequ’ofifre le Mineio, défendu à droite par Pes-chiera, à gauche par Governolo, et au centrepar Mantoue. Nous avons eu de nombreuses oc-casions , dans le cours de cet ouvrage, de fairejaillir l’évidence du grand principe, qui veutque, dans toute circonlance, on cherche à tirerde la nature des lieux ou de la position de sestroupes, ce qu’est dans la fortification la cour-tine flanquée de ses deux bastions. Où peut-ontrouver ces avantages mieux que dans la lignedont il s’agit? Peschiera, empêchant que ladroite de l’armée impériale ne fût coupée etséparée de l’Allemagne; Mantoue, défendantle Mineio en dessus et en dessous; Governolo,couvrant l’aile gauche, et mettant toujours àmême de porter le théâtre de la guerre au suddu Pô.
Quand je nomme ces trois places, il est inu-tile de dire que j’entends par là les trois corpsstationnés en avant d’elles, corps qui devaientêtre assez forts par eux-mêmes, non-seule-ment pour repousser une attaque, mais encore
pour agir offensivement en cas de besoin.
Nous avons laissé Bellegarde abandonnantle Mineio; son rapport s’exprime ainsi à cesujet :
« L’approche de la nuit ne permettant plus» de songer à la reprise de Valeggio, il fallut» ordonner la retraite. L’armée se replia, dans» le meilleur ordre, derrière l’Adige; elle assits son camp à San-Martino, près Vérone, à l’est» de l’Âdige : les avant-postes furent établis» à Villa-Franca, et le général Rousseau, qui» occupait Salionette, rétrograda jusqu'à Mon-» tebaldo. »
Je ne vois rien à blâmer dans cette retraite,sinon qu’elle ne se fit pas excentriquement. Jene conçois pas pourquoi l’impossibilité de ren-trer dans Valeggio nécessita la retraite; ceposte n’était qu’un point d’appui sur le Min-cio , sans être indispensable pour sa défense.
Mantoue donnait un point d’appui bien plussur; c’est pourquoi j’aurais trouvé une retraitesur cette place, mieux adaptée aux circon-stances. On ne saurait m’objecter que cette re-traite était impraticable ou trop périlleuse,car les Français n’avaient laissé que fort peude monde à Pozzolo, et le passage près de celieu restait ouvert à une force majeure. Il fautobserver que les Autrichiens, forcés à se re-plier, n’étaient cependant point dispersés, nimême battus. Tout en se retirant, leur généralpouvait déjà méditer des opérations offensives ;autrement, l’on se résout à essuyer des échecscontinuels.
J’aurais donc porté l’aile gauche et une par-tie du centre sur Mantoue, ou les environs:l’aile droite et l’autre partie du centre étaientalors dirigées sur Castelnovo, entre Peschieraet Vérone.
N’est-il pas évident que de ces mouvementsopposés, naissait pour les Français une situa-tion des plus embarrassantes? On leur laissaitle centre libre , en apparence ; mais pouvaient-ils s’y engager pour séparer les deux ailes, aurisque de prêter eux-mêmes leurs flancs à l’en-nemi? Celte juste appréhension les fixait dansla position qu’ils occupaient. Au premier mou-vement qu’ils eussent fait pour se porter enavant, versl’Adige, le corps de Castelnovo setrouvait en potence sur leur aile gauche, etcelui de Mantoue les prenait à dos.
11 était même très-probable qu’ils se fussent