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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800.

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Mais j’observe qu’ils ne pouvaient le faire sanss’étendre considérablement à l'est, par consé-quent, sans s’exposer à se voir coupés eux-mê-mes de Gènes, du Piémont et de France. Onsent combien ils eussent hasardé, en s’enga-geant entre le Tyrol et l’armée autrichienne,qui, de droite et de gauche, eussent menacéleurs flancs : preuve nouvelle ajoutée à centautres, que c’est par des positions obliques,et non de front, que l’on couvre efficacementune contrée que l’on veut défendre.

Les Impériaux occupèrent Rimini et Pesarosur la mer Adriatique ; ils détachèrent des par-tis volants dans le Modénois et la légation deBologne. Je réitère la remarque faite plushaut: ces partis étaient trop faibles; plus forts,ils pouvaient avoir un excellent résultat, celuide préserver le front d’une attaque directe, enmenaçant les flancs de l’ennemi.

Ces expéditions étaient dirigées par le gé-néral Schusteck, qui lit preuve de talents par-ticuliers pour ce que l’on nomme la petiteguerre.

11 lit attaquer les places de Final et Cento ;elles furent enlevées toutes deux. La garnisonde Final s’évada presqu’en totalité à la faveurde lit Emit.

L’avant-garde de l’armée autrichienne, pos-tée, sous le général llolienzollern, au delà duMincio, c’est-à-dire, sur la rive droite, futtrès-prudemment retirée, dès que les Françaisfirent mine de vouloir l’attaquer en forces.Rien n’est effectivement plus facile à couper,qu’un corps jeté en avant d’une rivière ; onoccupe son front, pendant qu’on le cerne surses deux flancs. De vigoureuses charges de ca-valerie, faites au moment où il s’ébranle pourse retirer, doivent le précipiter dans l’eau, s’ilne se hâte de mettre bas les armes.

Le 23 décembre, les Français jetèrent unpont sur le Mincio, à Molino : une formida-ble artillerie protégea le passage de quatre di-visions.

Le général Bellegarde prit alors une résolu-tion digne d’éloges. 11 fit attaquer sur-le-chample corps qui était passé, et il arriva ce qui ar-rivera toujours en pareil cas; les Français fu-rent repoussés jusqu’au Mincio : ce fut beau-coup pour eux que de n’ètre point contraintsà le repasser.

Ils envoyèrent un renfort, puis un second ;

mais les Impériaux, se renforçant à propor-tion , les empêchèrent de s’étendre. Il y eutune affaire des plus chaudes à l’ozzolo.

La nuit suivante, à la faveur d’un brouillardqui redoublait l’obscurité, les Français firentune habile manœuvre. Ils effectuèrent le pas-sage du Mincio dans la partie supérieure àcelle où l’on venait de se battre : à Mozzam-bano.

Pendant ce temps, les corps qui avaientpassé à Molino, revenaient sur la rive droite,remontaient le Mincio, et prenaient poste àBorghetto, où les Autrichiens avaient une tètede pont.

Le général Bellegarde ne fut informé quetard de ce mouvement. Il détacha immédiate-ment un corps à Valeggio, en face de la nou-velle position des Français à Borghetto : cecorps était formé de la réserve.

Probablement les Français manœuvrèrentainsi pour se rapprocher de la partie de leurarmée, qui passait à Mozzambano. Mais les Au-trichiens, comme ils le dirent eux-mêmes, ayantune tète de pont sur la rive droite, et, consé-quemment un pont sur la rivière, il est diffi-cile de concevoir pourquoi ils ne s’en servirentpoint pour prendre à dos les Français qui lesattaquaient, enfin, pour tenter une diversionquelconque.

Il faut rendre justice aux vues qui dirigèrentles Français dans leur passage à Mozzambano.Ce point, au-dessus de Mantoue, et près dulac de Garda, était très-judicieusement choisi.Les Impériaux, tournés sur leur droite, sevoyaient menacés de perdre leur communica-tion avec l’Autriche.

Si, au contraire, les Français eussent effec-tué leur passage au-dessous de Mantoue, ilscouraient le danger de voir l’aile droite desAutrichiens, passant la rivière sous le feu decette place, venir les prendre à dos, et lesresserrer entre le Mincio et le Pô.

En lisant attentivement le rapport du géné-ral Bellegarde sur ces événements, on appro-fondit sans peine ses mesures et ses motifs.

« L’ennemi, y est-il dit, s’était rendu maître» de quelques positions avantageuses ; mais les» hauteurs environnantes nous demeurant, et» n’ayant rien à craindre pour les retranche-» men.ls de Salionette, le général Bellegarde» lit awancer trois divisions, formées de la ré-