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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA CAMPAGNE DE 1800-

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terrain, qui se trouve dans le prolongement dela ligne de tir.

Mais, sans la Hollande, la Suisse ne procu-rerait point aux Français cette supériorité stra-tégique jusqu’à l’Elbe et la Sala. Relativementà leur base contre le nord de l’Allemagne, l’oc-cupation de la Hollande est d’un prix incalcu-lable. Par leur alliance avec les deux républi-ques ( helvétique et batave ), situées aux deuxextrémités du Rhin, les Français sont infini-ment mieux basés stratégiquement, que lespuissances allemandes.

Sans l'occupation de la Hollande, toutes lesopérations des armées françaises dans l’Alle-magne septentrionale, ou dans les Pays-Bas,seraient facilement entravées et prises à dos.

Des Pays-Bas, au contraire, on ne peut rienentreprendre contre la Hollande, couverte, ausud, par de nombreuses et fortes places, et deplus par des marais ou inondations. Ce n’estque par la Westphalie que celte conquête peutêtre tentée avec espoir de succès, comme le filLouis XIV, dirigé par les plus grands générauxde l’univers. L’entrée de Pichcgru en Hollandene peut infirmer ce que j’avance, parce qu’elletient à des circonstances particulières.

Un conçoit donc que ce serait une immenseopération pour les Français, quelque nom-breux, quelque habiles qu’ils soient, d’attaquerà la fois la Wesphalie et la Hollande; car, enpénétrant en Allemagne, ils laisseraient unearmée ennemie derrière eux.

Il ne peut qu’être extrêmement intéressantpour tout militaire , de rechercher avec détailpourquoi l’occupation de la Hollande est siprécieuse pour la France. Nous allons calculerle nombre des colonnes qui peuvent agir, et ilsera facile de tiver de cet exemple de grandesleçons de stratégie.

La nature du pays doit déterminer le nom-bre des colonnes, c’est-à-dire, que ce nombrese trouve nécessairement en rapport avec lesobjets des opérations stratégiques.

C’est dans la chaîne des montagnes qui sé-parent le nord et le sud de l’Allemagne, quele Weser et la Sala prennent leurs sources, laFulde devant être considérée comme celle duWeser. On a reconnu, de tout temps, qu’il yavait un avantage réel à opérer en descendantles rivières, et, surtout, quand ces rivières sontnavigables. On sent de quelle utilité elles

sont pour les transports de toute espèce.

Je vois donc d’abord une colonne qui seforme sous Francfort, et dont l’objet stratéti-que est Cassel. La nature du pays prescrit cetteopération ; elle facilite la marche, et la retraitesur Francfort est toujours sûre : les défilés laprotègent. Voici la colonne de l’aile droite.

Une seconde débouche de Dusseldorf, etopère le long de la Lippe , sur la rive septen-trionale ou méridionale, à son choix.

Cette colonne prend à dos tous les corps alle-mands postés au sud de Cassel. Ils se trouventaussitôt forcés de s’éloigner de cette place.Que l’on observe ici l’avantage d’une base con-cave qui embrasse l’ennemi. Cette colonneformera le centre de l’armée française.

La troisième colonne est celle du nord ; ellese porte de Hollande en Wesphalie, et forme,conséquemment, l’aile gauche. Elle doit cher-cher à s’emparer de Munster, et à s’approcherdu Weser par Osnabrück. Son action se dirigeà la fois contre les corps qu’elle a en tête, etcontre le flanc droit de ceux qui voudraients’opposer à la colonne de Dusseldorf. Cette co-lonne du nord, comme la plus importante,doit être aussi la plus forte.

II est à observer que c’est faute d’une co-lonne semblable, que les Français, dans laguerre de sept ans, ne purent jamais venir àbout de la conquête des provinces septen-trionales de l’Allemagne. Ils avaient bien surle bas Rhin un corps d’armée qui, de Wesel etde Dusseldorf, était destiné à opérer le longde la Lippe, mais dont les progrès ne furentjamais que momentanés et précaires, parcequ’ils n’étaient point appuyés par un autrecorps marchant de Hollande en Westphalie.Tout le pays situé au nord de la Lippe, de-meura presque sans interruption au pouvoirdes alliés, qui, par-là, se trouvaient toujoursen mesure de prendre à dos la colonne fran-çaise opérant sur cette rivière. Ils pouvaient,au moindre succès, lui couper la communica-tion avec Dusseldorf et Wesel. C’est ce que fîtle prince Ferdinand, par son admirable marchede Vellinghausen, en 1761.

On ne trouvera point extraordinaire que j’at-tribue à cette cause les revers multipliés desFrançais, dans cette guerre de 1756, qui leurfut si fatale, si l’on fait avec moi les réflexionssuivantes: