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HISTOIRE
En opérant de VVesel et Dusseldorf versla Westphalie septentrionale, les armées deLouis XV se portaient en avant sans base, ou ,du moins, dans un triangle stratégique, dontl’angle au sommet est très-aigu. Dusseldorf etVVesel, leurs seuls points d’appui, se trouvaient,relativement à elles, presque sur une ligneperpendiculaire; il était donc facile de les enséparer. Lorsque l’armée alliée se portait ausud, ou faisait des détachements dans cettepartie, pendant qu’elle couvrait le Weser dugros de ses forces, les Français se voyaientforcés à regagner précipitamment VVesel, ou àse rejeter sur la rive méridionale de la Lippe.
Cette observation justifie, en grande partie,les généraux placés alors à la tète des arméesfrançaises; mais, elle fait ressortir en mêmetemps la profonde ineptie, la déplorable opi-niâtreté , avec lesquelles la cour de Versaillespersista dans ce plan désastreux.
Mais si les Français, dans la guerre de septans, virent échouer tous leurs efforts, parcequ’ils n’étaient point maîtres de la Hollande ,et n’avaient conséquemment point de base suf-fisante, ne peuvent-ils pas aujourd’hui se pro-mettre les plus heureux résultats des opéra-tions qu’ils entreprendraient dans les mêmescontrées, avec tous les avantages de leurposi-'’tion présente?
Je sais, et j’ai posé moi-même comme prin-cipe, qu’avec trois colonnes on peut exécutertoute espèce d’opérations, et qu’il faut crain-dre de passer ce nombre, de peur de trop di-viser ses forces. Mais, je maintiens que, dansl’hypothèse actuelle, les Français doivent for-mer une quatrième colonne, pour partagerl’attention.
Cette colonne, à la vérité, destinée à agirsur la Sala, pourrait, dans un sens rigoureux,n’èlre pas considérée comme partie intégrantede l’opération principale. Son but est de cou-vrir le flanc droit des trois autres colonnes ; lebut de celles-ci est de conquérir.
Cette quatrième colonne descend la Sala;Leipsig est son objet stratégique d’opérations.Parvenue à Saall’eld, elle se partage en deux;une moitié se dirige sur Hall par Jéna et Naum-bourg. La première branche de cette colonneopère donc sur la rive droite de la Sala, et laseconde sur la rive gauche.
Il est cependant à considérer que la longueur
extrême de la ligne d’opérations, paraît horsde proportion avec la largeur de la base; (que,conséquemment, elle présente des difficmltés.En effet, que cette colonne, ou une de sess di-visions, étant arrivée jusqu’à Hall et Leipzig,un corps ennemi vienne se rapprocher de Saal-feld, il faut qu’elle songe à la retraite; car,dans cette position avancée, elle doit rega rdercomme sa base les défilés de la forêt de Thu-ringe, par lesquels elle s’est ouvert un passiage.
Il résulterait encore un autre embarras decelte division en deux colonnes. Celle qui pirendHall pour objet stratégique de son opérai ion,doit nécessairement être aussi forte que (cellequi se porte sur Leipsig; car, si cette colonnese dirige entièrement vers la Saxe, elle s’ex-pose à se faire occuper en Thuringe par uncorps ennemi : si elle reste de l’antre côté, surla rive gauche de la Saha, et qu’elle veiuillemarcher sur Hall et Magdehourg, il peut, alors,lui arriver par la Saxe, ce qui, dans la preimièresupposition, arriverait par la Thuringe.
C’est, au reste, ce qui a toujours lieu, quandon opère dans le voisinage d’une rivière, dontl’ennemi occupe les deux bords. Il faut se ré-soudre à se partager.
Si l’on ne prend qu’une demi-mesure, c’est-à-dire, si Ton ne détache qu’une faible partiede ses troupes au delà de la rivière, la situa-tion s’empire encore : une force supérieuretombe sur ce corps, et l’écrase. On doit doncdétacher environ la moitié de son monde.L’ennemi, également obligé à se partager, c ourtles mêmes risques : mais il faut remarquer qu’a-gissant dans son propre pays, il est infaillible-ment mieux basé.
Je répète donc que la quatrième colonne,telle que je la conçois, n’est point destinée àconquérir : elle doit se borner à inquiéter par-la hardiesse de sa marche , tandis que les troiscolonnes d’attaque portent des coups plus réels.
Il ne serait guère possibles que les progrèsde cette quatrième colonne fussent très-rapi-des : il faudrait absolument quelle fit front àtout ce qui se présenterait devant elle ; il fau-drait qu’elle détachât un corps vers le nord etle long de la Sala ; pour former une potenceavec celui qui se rabattrait sur la Saxe.
Si celte colonne occupait la Sala en trois di-visions, la première devraitêtreplacée à Hall, laseconde à Naumbourg, et la troisième à Saalfeld.