DE LA CAMPAGNE DE 1800.
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Si les I rois colonnes d’atlaque obtiennent, dans| la partie occidentale de l’Allemagne, tout lesuccès présumé, un de ces corps pourrait ten-ter de descendre la Sala jusqu’au-dessous deHall ; mais le siège de Magdebourg serait uneentreprise au-dessus de ses forces. 11 faudraitau moins, pour cela, être maître de la riveorientale de l’Elbe; car on ne peut se déciderau siège d’une place forte, située sur un fleuve,que lorsqu’on est établi sur les deux rives.
Tous les corps allemands, opposés, dansl’électorat de Hesse, à la colonne françaisevenant du Mein, sont pris à dos parla colonne quidébouche de la Hollande. Celle de Dusseldorfmenace leur flanc droit, et même leur arrière-garde.
Au total, tous les corps allemands, disposésau sud du théâtre de la guerre que nous dé-crivons, doivent porter toute leur attention àce qui se passe derrière eux, en Westphalie.
Ce serait donc un projet absurde, de la partdes Allemands, de chercher à repousser lesFrançais de la partie méridionale. Plus ils re-gagneraient de terrain, plus leur ligne d’opé-ration s’allongerait, et, conséquemment, plusils s’éloigneraient de leur base.
Je me résume : toute position au sud deCassel ne vaut rien pour les Allemands.
Les Français, portant toujours la majeurepartie de leurs forces au nord de la Lippe, s’em-parent de la Westphalie et du cours du Weser,sans rien appréhender pour leur base : car, enles supposant même coupés de Dusseldorf, parsuite d’une victoire ou d’une manœuvre deleurs ennemis, ils trouvent encore une basesuffisante dans la Hollande.
Les avantages que pourraient obtenir lesAllemands, dans la Hesse, ne les mèneraient àrien de positif : on voit qu’ils ne se mettraientà la poursuite de l’ennemi, qu’en s’éloignant dela partie la plus intéressante pour eux, celle dela Westphalie , située au nord de la Lippe.
11 suit de là que les Allemands doivent natu-rellement se borner, dans la Hesse, à la guerredéfensive. Ce sont les batailles livrées en West-phalie qui décideraient de tout.
La colonne française de la Hesse doit, aucontraire, attaquer le plus vivement possible.L’armée agissante au nord de la Lippe, nesaurait être coupée par un corps allemandqui s’avancerait sur celte rivière : car, en sup-
posant qu’il y parvint après des succès réité-rés, ce serait s’exposer à découvrir le Weser,et môme à se faire prendre à dos, s’il poussaitjusqu’au Rhin.
Au lieu de ce mouvement de front contre lacolonne de Dusseldorf, les Allemands agiraientdonc bien plus sagement, en se portant sur leflanc droit des Français, dans la Westphalieseptentrionale; autrement, ils livrent eux-mêmes leurs derrières et leur flanc droit. Maisdès qu’ils marchent sur leur droite, l’arméefrançaise reparaît sur la Lippe, pendant quecelle de la Hesse agit offensivement.
Si l’opération des Français réussit pleine-ment , il est facile de voir qu’elle consiste enunecon version stratégique à droite de lacolonnede Hesse, sur la Sala ; le corps placé à Saalfelden est le pivot. Celte conversion à droite com-mence dès la prise de Cassel : la colonne seporte immédiatement par Gœttingue, surBrunswick ; de là, son objet d’opération directeserait Magdebourg. L’armée de la Lippe, par-tie de Dusseldorf, se dirige plus au nord,comme sur Lipstadt, Minen et Hanovre, pours’elforcer de gagner l’Elbe, au nord de Mag-debourg.
Que l’on se rappelle que les trois corps déta-chés sur la Sala,couvrentleflancdroilde la co-lonne française qui traverse 1 électorat de Hesse.
L’armée française qui a débouché de la Hol-lande et de Dusseldorf, n’oblique pas sur sadroite, mais elle marche parallèlement auxdifférents points opposés de la rive occidentalede l’Elbe. C’est un résultat de l’excellence desa base, qui, parla possession de la Hollande,embrasse concentriquement le nord de l’Alle-magne. Les colonnes allemandes, toujoursprises à dos, doivent conséquemment être con-traintes à évacuer toutes leurs positions l’uneaprès l’autre.
Il n’est donc pas d’observation, qui ne tendeà démontrer de quelle extrême importance est,pour les Français, la possession de la Hollande :tout concourt donc aussi à indiquer aux Alle-mands, que ce serait contre cette contrée qu’ilsdevraient, en cas de guerre, tourner leursefTorts unanimes.
Mais, pour une telle attaque, il faudrait ungénéral qui sût mettre encore plus de chaleuret de rapidité dans l’exécution, que de pru-dence dans le plan.