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décorée des bustes des Genevois qui se sont illustrésdans l’histoire naturelle. Ce jardin occupe une partied’une ancienne promenade publique, nommée le Bas-tion bourgeois, qui fut le théâtre de scènes tragiquespendant la Révolution. On érigea sur ce sol souilléde sang un obélisque de quatre-vingts pieds de haut,portant le buste de Jean-Jacques Rousseau, et quiplus tard fut enlevé par ordre du gouvernement. Lessouvenirs douloureux que ce lieu rappelle avaient faitabandonner la promenade pendant plus de vingt ans;mais on a trouvé le moyen d’y ramener le public entransformant le sol en un beau jardin botanique, eten y faisant une promenade charmante, aujourd’huitrès-fréquentée.
Non loin de là je vis l’hôtel de M. Eynard, la plusbelle maison de Genève, et qui est d’un goût, d’uneélégance vraiment admirable ; il est à l’extrémitéde la rue dite Sous-la-treille, qui fait face au muséeRath. Tout le monde connaît le dévouement de cezélé philantrope pour la cause des Grecs.
Je me rendis ensuite à la Cité, en montant surune jolie terrasse plantée de marronniers, que l’onnomme la Treille. Dans son voisinage se trouvel’Hôtel-de-Yille, vieux et grand bâtiment de formeirrégulière. Il offre une curiosité presque unique :