I Iü
Calvin ne put accomplir son rôle. Arrivant, conmepar hasard, au moment où I on allait porter le norten terre, le patriarche de Genève, d’un ton de naî-tre, lui ordonna de se lever. Le malheureux, qie lamisère sans doute avait forcé de se prêter à la su-percherie, n’obéit point : Dieu voulut, par un justedécret de sa providence, que le prétendu mort setrouvât véritablement mort (i).
Ce qui doit flétrir aussi la mémoire de Ca.vin,c’est l’horrible supplice de Michel Servet, dont lesouvenir frappe encore de terreur les habitans deGenève. Cet Espagnol, médecin et théologien, avaitpublié divers écrits contre le mystère de la Trinité;mais ce n’était point là son véritable crime aux yeuxde Calvin : Servet avait démontré jusqu’à; l’évi-dence que ce dernier n’était qu’un imposteur, dontl’odieuse hypocrisie méritait d’être démasquée enface de tout le monde. Il osa même envoyer à son
(i) Ce fait singulier, qui couvre de honte le rusé Calvin,a été démenti par des écrivains protestans; mais je n’ai pum’empêcher de le rapporter, en voyant qu’il a été accueillipar des auteurs graves, tels que Claude d’Espence, le PèreLabbe et le continuateur des Annales de Baronius. Du reste,Boisée assure qu’il le tient de la veuve même de celui quiavait promis de contrefaire le mort, et de revivre à la pa-role de Calvin. (Voyez la note (D) à la fin du volume.)