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Tome premier.
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tait la plus belle journée du moude. Ce voyage dé-licieux, que je ne puis me rappeler sans unvéritable charme, m’a laissé des souvenirs queje garderai toule la vie. Avec quel plaisir je mevoyais au milieu de ce lac superbe qui a, commeune petite mer, ses ports, sa navigation, ses calmeset ses tempêtes (i); dont les bords, du côté de laSuisse , s’élèvent en amphithéâtre, et sont tapissésd’une multitude de villes, de villages, de hameaux,de maisons de plaisance, de châteaux, de prairiesdont les images se réfléchissent sur les eaux, et semarient à leur azur! Il est impossible de voir untableau à la fois plus riche, plus animé, et d’un ca-ractère plus grandiose; l’œil ne se lasse point d’enparcourir tous les détails. Nous étions, Sur le ba-teau, avec des voyageurs qui connaissaient les dif-férentes parties du globe, et dont l’enthousiasmeétait néanmoins aussi vif que le nôtre : ils ne ces-saient de nous dire que cette promenade d’un joursur le lac Léman, était l une des plus agréables quel’on puisse faire au monde. Le contraste de la riveopposée, où se trouve la Savoie, relève encore les

(i) Il s’élève quelquefois des tempêtes affreuses sur lelac de Genève : le mugissement des flots produit alors uneffet non moins terrible que si c’était la mer en tourmente.