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charmes des bords délicieux que je viens de décrire , vson aspect est triste et sévère, à cause de la proxi-mité des montagnes dont la teinte est rembrunie.Mais, en tournant nos regards du côté de la Suisse,nous éprouvions mille jouissances à contempler lespectacle magique qui se déroulait sous nos yeux.
« Quel bassin! quels riches amphithéâtres! quelle« opulence de la nature ! (s’écrie un voyageur dont« le transport fut des plus vifs en naviguant sur le«lac, du côté deVevey.) Non, continue-t-il, non,« les jardins de l’Angleterre, les plaines de l’Amé-« rique, les rives de la Loire, de la Meuse et de la« Garonne, les plus beaux aspects de Naples et de« l’Italie ne m’offrirent jamais un aussi majestueux« spectacle, orné de scènes plus douces et plus va-« riées. Quel contraste offrent ces monts sourcil-«leux, dépouillés, couverts de neige, élancés jus-« qu’au ciel, retraites inaccessibles des aigles et des« chamois, avec les vastes forêts de sapins, de châ-« taigniers ou de noy ers qui descendent jusqu’au« rivage! Les villages, les villes et les «. lochers épars,« éloignés de votre œil, perdus dans ce vaste tapis« d’un vert foncé, brillent pourtant éclairés du so-« leil à travers une vapeur légère, espèce de traits--« parent de gaze, fait pour en adoucir l’éclat ; des