F
i6/(.
Non loin de Rolle, et à une lieue environ du lac,se trouve le château d’Aubonne, qui commande laville de ce nom ; il est dans une position extrême-ment avantageuse : Jean-Baptiste Tavernier rachetaen 1669 (ou en 1670), et y fit des réparations con-sidérables. Ce ce'lèbre voyageur, qui avait joui desplus belles vues de l’univers, trouvait la situation deson château si magnifique, si imposante, qu’il re-gardait celle de Constantinople comme la seule quipût lui être préférée ; il ne connaissait que les envi-rons d’Erivan, en Perse, qui fussent comparablesà ceux de la petite ville d’Aubonne. Tavernier assu-rait encore n’avoir vu aucun paysage d<ont la beautéégalât celle du pays de Vaud, si ce n ’est en Armé-nie, dit-il, dans un certain endroit situé autiour d ’unlac. Mais des malheurs de famille le forcèrent, aubout de quinze ans, d’abandonner cette charmanteretraite pour satisfaire de nombreux créanciers. Lefils aîné de l’amiral Duquesne devint l’acquéreur duchâteau et de ses dépendances, et revendit le toutà la république de Berne, en 1701, moyennant unesomme de soixante et dix mille écus. Tavernier avaitamassé de grandes richesses dans ses voyages ; lesixième, qu’il fit aux Indes, lui rapporta des béné-fices énormes : il était parti avec une cargaison de
"’H