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meubles, de glaces et de bijoux, estimée quatre centmille francs, et il revint avec un trésor de troismillions en pierreries, qui furent achetées parLouis XIV (i). Dans la liste des anciens maîtres duchâteau d’Aubonne figurent les noms de plusieurscomtes de Gruyères, et celui de Mayerne Turquet,médecin de Jacques I er , roi d’Angleterre. La grandecour, entourée de portiques, a quelque ressemblanceavec la figure d’un vaisseau : on dit que Tavernier
(i) Tavernier, né à Paris en i 6 o 5 , était fils d’un mar-chand de cartes géographiques d’Anvers, que les troublesdes Pays-Bas avaient forcé de se réfugier en France. II eutde très-bonne heure la passion des voyages : à vingt-deuxans, il avait déjà parcouru la plus grande partie de l’Eu-rope, et savait (c’est lui-même qui le dit) les langues detous les pays qu’il avait visités. Il mourut à Moscou en 1686,ou (suivant M. Lefebvre de Saint-Marc) en 1689; il tra-versait alors la Russie pour se rendre au Mogol. La relationde ses voyages forme 3 vol. in- 4 - 0 , ou 6 vol. in-12. « Taver-i< nier, dit Voltaire, parle plus en marchand qu’en philo-« sophe, et n’apprend guère qu’à connaître les grandes« routes et les diamans. » Malgré ce reproche, il est re-connu aujourd’hui que Tavernier ne manque pas d’exacti-tude dans la plupart de ses récits. Quoique protestant, il semontre juste envers les catholiques, et parle favorablementde leur communion. Il disait de saint François-Xavier,qu’on peut l’appeler à juste titre le saint Paul et le véritable,apôtre des Indes.