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Tome premier.
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rappelle que Crousaz « a montré combien l’âmediffère du corps, et que la vie ne peut être heu-reuse sans l'espérance de l’éternité. »

Je vis encore avec beaucoup d’intérêt le tombeaud’une princesse russe de la famille Orlow. Ce mo-nument a la forme d’un cénotaphe antique dumeilleur goût.[Les trois faces apparentes sont or-nées de bas-reliefs en marbre blanc, exécutés parBrandouin, qui a donné la preuve d’un grand ta-lent. L’une d’elles présente un enfant ailé qui paraîtverser des pleurs : il tient son visage dans ses mains,en appuyant ses deux bras sur une urne recouvertepar le bout d’une draperie qui l’entoure lui-même.A l’autre face latérale est un guerrier dont les che-veux épars annoncent qu’il est en proie au plusviolent désespoir; sa posture et une guirlande defleurs qui attache l’un de ses hras à une urne fu-néraire semblent faire connaître qu’il n’est retenuà la vie que par le souvenir de la personne qui luifut chère. La face principale du monument présentedeux femmes, dont l’une allaite un enfant, et quisoutiennent ensemble une draperie sur laquelle onlit cette inscription : Catharina, princesse Orlow,née Sinowiew, le XIX décembre MDCCLVlii , mortele XXVII juin MDCCLXXXI.