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Tome premier.
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bliquement les pre'dicateurs en chaire, el les inter-rompait avec effronterie au milieu de leurs discours.

Mais Farel éprouva à son tour de violentes con-tradictions ; il courut même le risque, plus d’unefois, de perdre la vie dans quelques villes où les ha-bitans, irrités de son zèle fougueux, ne purenfcon-tenir leur juste indignation contre lui. Lorsqu’il vou-lut prêcher à Orbe, non loin de Lausanne, les hom-mes, les femmes et les enfans se mirent tous à siffler,à crier, en le traitant de chien, de mâtin, de diableet d’ hérétique, avec un bruit si horrible, dit un au-teur protestant, qu ’on n aurait pas omï tonner. Fa-rel, accoutumé à de semblables réceptions, ne perditpoint courage, et s’obstina, malgré l’opposition dupeuple, à vouloir se faire entendre au milieu de laplace publique; mais il en fut empêché par la ma-nière cruelle dont on l’accueillit. Il fut frappé, ren-versé par terre; les femmes prirent même, à ce qu’onassure, le pauvre diable par la barbe, et lui déchirè-rent la figure avec leurs ongles. A Grandson, autreville du pays de Vaud, il reçut le même traitementpour avoir voulu interrompre le sermon d’un pre-dicateur venu de Lausanne : le châtelain, les justi-ciers, les hommes et les femmes du peuple, tous àla fois le chargèrent de malédictions, en le frappant