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saint-sacrifice e'tait une chapelle servant en com-mun (toutefois par ordre successif) aux Catholiques,aux Réformés allemands (Luthériens et Calvinistesréunis) et aux Anglicans! La même église à l usage
de trois ou de quatre cultes!.C’est peut-être une
chose qui n’existe en aucun lieu du monde, si cen’est à Lausanne. En vérité, cela me parut si bizarre,si extraordinaire, que j’aurais eu mille peines à lecroire, si je ne l’avais vu de mes propres yeux. Lamesse des Catholiques commence à sept heures etdemie; l’office des Réformés allemands à neuf heu-res, au plus tôt, et la cérémonie des Anglicans àonze heures et demie ou à midi. Les ministres desdifférens cultes doivent officier aux heures qui leursont prescrites par le gouvernement, et ils ne peu-vent , sous aucun prétexte, prolonger la messe, laprière ou le prêche au-delà du terme de rigueur. Jevis plusieurs fois les Luthériens ou les Calvinistesallemands assiéger la porte de l’église pour suc-céder aux Catholiques, avant même que la messefût finie : ainsi, en sortant de la chapelle, nousnous rencontrions, tout en faisant le signe de la croix,avec les Réformés qui venaient écouter le prêche oumanger le pain de la cène.
Cette église que l’on pourrait, à juste titre, appe-