allait monter, pour y combattre, peut-être, les dogmesde notre religion. Ainsi le pasteur de l’Eglise ro-maine , pour vaincre ses le'gitimes scrupules, ne quit-tait point l’autel lorsqu’il devait faire le prône ouprononcer quelque discours. A côte' de la chaire àprêcher se trouve la table de la communion pour lesRéformés . motif de plus qui empêchait M. l’abbe' ***de monter dans une chaire où un tel objet sous sesyeux pouvait lui causer des distractions pénibles.Le curé actuel n’a pas la même répugnance : ne con-sultant que l’intérêt de la religion et son zèle à ins-truire les fidèles , il paraît hardiment dans cettechaire, soit à la messe, soit à vêpres, soit encore àla prière du soir dans le temps du carême ; il nes’abstient d’y monter que lorsque la foule est tropgrande pour lui permettre de quitter l’autel. La plu-part de ses prédécesseurs n’agissaient pas autre-ment. Les orgues, placées dans une petite tribune,servent aussi tour-à-tour aux Catholiques, aux Ré-formés allemands et aux Anglicans.
J’éprouvai une bien douce, une bien vive émo-tion en entendant la messe dans cette chapelle oùrégnait pendant tout l’office le plus profond silence.Quelle piété! quel recueillement ! quelle ferveurparmi tous les assistans!. Avec quelle attention