2l8
piété exemplaire, qui vint de Nancy se fixer a Lau-sanne vers l’année 1 794 - Cette dame prenait le titrede baronne d’Olcah (ou d’Holca), nom supposé,sous lequel, selon l’opinion générale et d’après di-vers indices, elle cachait une illustre naissance (i).Elle conserva toujours le plus strict incognito ; etcrainte de le trahir, elle jeta au feu tous les papiersqui auraient pu faire connaître sa famille. Les pau-vres, dont elle fut constamment la bienfaitrice, n’in-voquaient jamais en vain son assistance : elle leurprodiguait tous les secours dont ils avaient besoin;on la vit meme, dans des momens de détresse, sepriver du nécessaire pour ménager une obole auxmalheureux. Les prêtres exilés, Français ou Sa-voyards, furent particulièrement l’objet de sa cha-rité et de ses soins. Les évènemens politiques, quiavaient donné une plus grande extension à la libertéreligieuse, et le respect que se conciliait par seshautes vertus la baronne d Olcah, permirent insen-siblement de rendre publique la chapelle de celledame. Telle fut la première origine de la paroissecatholique de Lausanne.
Il se passa un fait assez curieux en 1811. Le
(i) L’ecclésiastique (M. Belbès) qui prononça en chaireson oraison funèbre, la qualifia île princesse.