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Tome premier.
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royaux, se rendit à Annecy, où elle abjura le pro-testantisme dans le couvent des religieuses de laVisitation. Le digne successeur de François deSales, M. de Bernex, évêque de Genève, voulutbien servir de directeur à cette dame ; il l’affec-tionnait tellement qu’il l’appelait sa fille.

M me de Warens et Rousseau, retirés plus tardaux Charmettes, recevaient, comme je l’ai dit, lavisite des jésuites ou des carmes de Chambéry. Cesreligieux y étaient accueillis avec bonté, et reçuscomme des amis, comme des pères. En parlant deces jours de bonheur, et de ces directeurs sagesdont il aurait dû mettre à profit les conseils et lesleçons, Jean-Jacques fait un tableau intéressantdu calme de son âme, de cette tranquille jouis-sance qu’éprouve le chrétien fidèle à ses devoirs,et dont les lèvres n’ont pas encore touché la coupeempoisonnée du vice. « Je n’ai jamais été, «lit—« il, si près de la sagesse que durant cette heu-« reuse époque. Sans grands remords sur le passé,« délivré des soucis de l avenir, le sentiment qui« dominait constamment dans mon âme était de« jouir du présent. Les dévots ont pour l’ordinaire« une petite sensualité très-vive, qui leur fait sa-« vourer avec délices les plaisirs innocens qui leur