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« et, malgré toute ma confiance, leur dure théologie« m’épouvantait quelquefois (i). La terreur de l’en-« fer, que jusque-là j’avais très-peu craint, trou-« blait peu-à-peu ma sécurité; et si maman ( 2 ) ne« m’eût tranquillisé l’âme, cette effrayante doctrine« m’eût enfin tout-à-fait bouleversé (3). Mon confes-« S EUR, qui était aussi le sien, contribuait pour sa part« à me maintenir dans une bonne assiette. C’était le« Père Hémet, jésuite, bon et sage vieillard dont la« mémoire me sera toujours en vénération. Quoi-« que jésuite, il avait la simplicité d’un enfant (4);« et sa morale, moins relâchée que douce, était pré-« cisément ce qu’il me fallait pour balancer les tristes
( 1 ) Cela se conçoit : les écrits des sectaires de Janséniusont souvent désespéré des âmes faibles, au point de per-vertir entièrement des hommes qui, regardant leur salutcomme impossible, se sont tout-à-coup livrés au désordrepour jouir du temps présent, leur seul et unique espoir.
( 2 ) Rousseau appelait ainsi M" lC de Warens, sa bienfai-trice, qui lui tenait lieu de mère.
(3) Il paraît qu’il se sentait bien coupable. L’enfer estnon seulement une vérité , une effrayante vérité , mais en-core une très-salutaire doctrine pour ceux que la justice hu-maine rie saurait atteindre.
(4) Quoique jésuite... C’est là une de ces idées bizarres deRousseau, qui s’imaginait sans doute qu’il suffisait d’êtrejésuite pour n’avoir pas la simplicité d’un enfant. Il y a bleude l’enfantillage dans une pareille idée !