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nous disait que les deux absens ne pouvaient man-quer d’arriver bientôt. L’un des voyageurs jette alorsun coup - d’œil à travers la portière ; et apercevantdeux ecclésiastiques s’avancer de loin du côte' denotre diligence, il lâche ces terribles paroles : Mor-bleu ! voilà deux jésuites!!/ La dame aussitôt setrouve mal-, et pousse un cri en disant : Ah! monDieu!... Je crus un moment qu elle allait rendrel’âme; elle paraissait comme asphyxie'e. Je m’efforcede la ranimer en lui faisant sentir de l’eau de Co-logne que j’avais dans un flacon, et elle revint; maiselle ouvrait à peine ses petits yeux noirs (il me sembleque j’assiste encore à cette singulière tragi-come'die);j e lui dis avec douceur : Madame, ne craignez rien; cesmessieurs (je n’osais dire les jésuites') ne vous ferontaucun mal : j’en réponds; comptez sur moi. M’adres-sant ensuite au voyageur qui avait si fort effrayé notrejeune compagne, et lequel paraissait tout déconcertéde l’effet de ses paroles imprudentes, je lui deman-dai s’il connaissait ces deux ecclésiastiques. Aussitôt,relevant ses moustaches (c’était un officier de cavale-rie), il me répondit, comme affligé d’une pareillequestion : Moi! les connaître?... Oh! non, certai-nement : je les vois aujourd’hui pour la premièrefois de ma vie. -— Mais vous plaisantez, lui répli-