grand homme. Voltaire et Haller se trouvèrent b.Lausanne à peu près à la même époque, mais ils sevirent peu de fois ; on croit même qu’ils ne se vi-rent jamais : ils étaient l'un et l’autre trop opposésde caractère et de sentimens. M. Biœrnstahl, dansses Lettres écrites durant le cours de ses voyages,fait le parallèle suivant de ces deux personnages :« L’un (Voltaire) est superficiel, l’autre (Haller) est« solide : l’un fait des vers sur toutes sortes de su-« jets, et verse sur tous la couleur de ses fictions;« l’autre,poète et philosophe,aime sur toutes choses« la vérité et la vertu ; l’un ne parle que de tolé-« rance, et ne peut rien souffrir ni de Dieu ni des« hommes : l’autre pratique la morale et l’Evangile ;« l’un détruit, l’autre édifie : enfin l’un augmente« la masse des erreurs, et l’autre celle des vérités. »On rapporte que Haller était d’une humeur douceet paisible, et qu’il avait dans sa manière de vivreune simplicité de mœurs vraiment remarquable*L’empereur Joseph II, qui avait refusé de voir Vol-taire en passant à Ferney, honora de sa visite levertueux Haller, lors de son séjour à Lausanne. Ma-rie-Thérèse avait tracé cette ligne de conduite à sonfils, en lui faisant un devoir de la suivre à causede la différence des opinions religieuses de ces
Schliessen