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Tome premier.
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« voulaient s'égayer, raclaient à percer le tympan« d’un quinze-vingt. J’eus la constance d’aller tou-« jours mon train, suant, il est vrai, à grosses gouttes,« mais retenu par la honte, n’osant m’enfuir et tout« planter là. Pour ma consolation, j entendais au-« tour de moi les assistaus se dire à leur oreille ou« plutôt à la mienne, l’un, II n’y a rien là de« supportable; un autre, Quelle musique enragée! un« autre, Quel diable de sabbat! Pauvre Jean-Jac-« ques, dans ce cruel moment tu n’espérais guère« qu’un jour devant le roi de France et toute sa« cour, tes sons exciteraient des murmures de sur-« prise et d’applaudissement, et que, dans toutes« les loges autour de toi, les plus aimables femmes« se diraient à demi-voix : Quels sons charmons!« quelle musique enchanteresse! tous ces chants-là« vont au cœur (i).

« Mais ce qui mit tout le monde de bonne hu-« meur fut le menuet. A peine en eut-on joué quelques

(i) Jean-Jacques veut parler du Devin du village , qui futjoué pour la première fois en 1752 , et qui obtint le plusgrand succès. La représentation eut lieu au théâtre de Fon-tainebleau, en présence de Louis XV, de la reine Marie-Leczinska, son épouse, et de toute la cour de France.« Cette pastorale, dit un critique, n’est point faite pour ins« pirer des sentimens de vertu. »