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Tome premier.
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« fions de ma joie en ce moment qui me rendait« ma liberté, et allait peut - être établir ma réputa-« tion; mais les mouvemens de mon orgueil se cal-« xnèrent bientôt, et des sentimens moins tumul-« tueux et plus mélancoliques s’emparèrent de mon« âme, lorsque je songeai que je venais de prendre« congé de l’ancien et agréable compagnon de ma« vie, et que, quel que jut un jour l’âge où parvien-« (Irait mort Histoire, les jours de l’historien ne« pourraient être désormais que bien courts et bien« précaires. » Ces dernières lignes de Gibbon, plei-nes de sens et de vérité, font naître de tristes ré-flexions sur la courte durée de la jouissance d’unécrivain qui, pour acquérir un peu de gloire et decélébrité, sacrifie son temps, ses plaisirs, ses veilles,sa santé même à la composition d’un ouvrage dontl’idée l’occupe tout entier, et qui doit, suivant sonespérance, fonder sa réputation. Peut-être néglige-t-il pour cette gloire, souvent douteuse, ses devoirsles plus chers et les plus sacrés; peut-être expose-t-il encore la tranquillité de ses derniers jours : c’estce que les évènemens ont prouvé dans bien des cir-constances, et quelquefois de la manière la plusdéplorable. Tant il est vrai que cette ambition del'homme qui veut vivre dans la postérité, ou être