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supérieur à son siècle, lui fait perdre de vue, maigre'ses lumières, les choses les plus essentielles, et sa-crifier son repos même avec toutes les douceurs dela vie !
Edouard Gibbon, ne' en Angleterre le 27 avril.1737, fit ses études à l’Université d’Oxford, et con-tracta de bonne heure un goût décidé pour les lec-tures sérieuses. Ayant lu l’ouvrage de Bossuet surles Variations des Eglises protestantes, il parutfrappé des erreurs de la religion anglicane, et ab-jura cette secte entre les mains d’un prêtre catho-lique, à Londres, le 8 juin 1753; il n’avait alors queseize ans : mais son père, irrité de ce changementinattendu, 1 envoya de suite à Lausanne, où il futrecommandé au zèle et à la direction d’un ministreprotestant nommé Pavillard. Celui-ci ne tarda point,par ses sollicitations et ses efforts, de ramener dansle chemin de l’erreur le jeune homme qu’on luiavait confié. Il paraît aussi que le catéchumène, ex-posé à toutes sortes de privations par l’avarice deM™ Pavillard, qui le faisait mourir de faim et defroid, voulut bientôt sortir de l’état de souffranceauquel il se trouvait réduit dans cette maison. Aubout de dix-huit mois (en décembre 1754) Gibbonrétracta son ancienne abjuration , et vécut depuis