3o3
sonnes. Il ne faut, donc s’avancer qu’avec la plusgrande précaution, pour ne pas être victime de sacuriosité.
Nous aperçûmes les débris de la Tour-de-Gourzedont la fondation est attribuée à la reine Berthe,et qui fut démantelée par un baron de Vaud dansle quatorzième siècle. Nous longeâmes ensuite lechâteau de Glérolles, dont les murs bordent le che-min ; il est construit sur un rocher qui s’avance enforme de promontoire dans le lac. Les évêques deLausanne venaient souvent y passer la belle saison.
Nous fîmes une halte à Saint-Saphorin, d’où l’oncompte trois quarts de lieue pour se rendre àVevey.Une pierre milliaire, érigée sous l’empereur Claude,l’an 47 de l’ère chrétienne, est la seule curiosité dece village. Cette borne antique, trouvée dans lesenvirons, a été enchâssée dans le mur intérieur del’église. L’inscription porte que la distance de Mar-tigny à Saint-Saphorin, sur la route d’Avenches,est de trente-sept mille pas (environ douze lieues) ;elle prouve que dès le temps de Claude cette petitecontrée de la Suisse faisait partie d’une provinceromaine, et que l’ancienne ville d’Avenches ( Aven-ticurrî) était la capitale de cette portion de l’Helvétie;car, on le sait, ces pierres milliaires indiquaient or-