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mais on y vit à meilleur compte, et la simplicité' desmœurs en bannit le luxe et la de'pense, qui régnentordinairement dans les petites comme dans lesgrandes capitales.
Je m’empressai d’aller monter, avant le coucherdu soleil, sur la tour de l’église de Saint-Martin, poury jouir d’une des vues les plus intéressantes de laSuisse. Le tableau qui s’offrit à mes regards, de cettegalerie élevée, produisit sur mes sens un effet qu’ilme serait difficile d’exprimer. Quel aspect enchan-,teur! Quelle variété inépuisable de sites, les unspittoresques et romantiques, les autres embellis parla nature des scènes les plus douces, les plus gra-cieuses, les plus animées! Mais quel contraste lors-que parcourant des yeux les bords du Léman onpasse tout-à-coup d’une rive à l’autre, de la rivesuisse à celle de la Savoie, où le pays se montre sisauvage et si triste ! J’apercevais à gauche, dans lelointain, les montagnes sourcilleuses du Valais, leSaint-Bernard et ses neiges éternelles ; au-dessusde Montreux, de belles Alpes parsemées de chalets,avec la Dent-de-Jaman qui a la forme d’une pyra-mide , et dont la hauteur au - dessus du niveau dela mer est presque de cinq mille pieds. J’avais àrna droite de riches coteaux étalant avec profusion