les dons de Gérés, de Pomone et de Bacchus. En-fin devant moi se déployait avec magnificence cesuperbe lac dont les collines qui le bordent sontcouvertes d’une multitude d’habitations riantes oùl’art et la nature semblent, pour ainsi dire, avoirvoulu se disputer le pinceau. Mais ces montagnesdu Chablais, dont la plupart s’avancent majestueu-sement dans l’onde, ces rochers arides de Meilleriequ’un nouveau César fit percer, leur aspect menaçantet triste, me donnèrent des idées mélancoliques aumilieu du plaisir que j’éprouvais à contempler lespaysages de la rive opposée.
Le temple de Saint - Martin, d’où l’on admireun panorama si étendu et si varié, est situé sur uneéminence à cinq minutes de la ville. On remarqueau-dessus du portail la date de 14.98 avec la croixdes princes de Savoie. Ce portail est surmonté d’unetour carrée qui se termine par une galerie et parquatre tourelles rondes à ses angles ; c’est du hautde cette tour que j’ai pu jouir du spectacle magni-fique dont je viens de faire la description : la vuey est plus imposante, plus extraordinaire que celleofferte de la terrasse, ombragée de marronniers,qui entoure une partie de l’église. L’intérieur dutemple de Saint-Martin est fort simple; toutefois