Band 
Tome premier.
Seite
318
JPEG-Download
 

les magasins, tous les spectacles sont fermés à l’oc-casion de ce triste anniversaire, et le peuple faitretentir les temples de cris de douleur en pleurantla fin tragique d’un si bon roi, et en invoquant laclémence du Ciel pour un attentat inouï dans lesfastes de cet empire. Si la fête tombe un dimanche,on la renvoie à un autre jour, de sorte qu’on nepeut la confondre avec aucune autre solennité. Leministre qui aurait le dessein de supprimer cettefête expiatoire, appelée la fête du martyre, ou ledéputé qui se permettrait de la blâmer serait l’objetde la malédiction publique. Il n’y a sur ce point niwhigs, ni tories, ni radicaux : il n’y a plus que desAnglais (i).

Le jugement odieux de Charles I er a des rapportsbien frappans avec celui du malheureux Louis XVI,qu’une faction également ennemie du trône devaitimmoler à son tour le même mois, et à près d’un

(i) Ce jour-là (le 3o janvier) le Parlement et la Chambredes communes se rendent au temple, où l’on implore lamiséricorde de Dieu pour qu’il ne fasse retomber ni sur lesAnglais ni sur leur postérité le forfait commis contre unetête innocente et sacrée ; et l’on conjure le Très-Haut depardonner de même les autres crimes qui ont pu armer sonbras vengeur à cette époque de triste mémoire pour l’An-gleterre. Voici la prière textuelle, traduite dans notre langues