curieux qu’elle avait attire's à Yevey s’éleva à plus deseize mille. Toute la rive du Léman était couvertede barques pavoisées et ornées de feuillages, et dontle coup-d’œil, plein de fraîcheur, avait quelque chosede ravissant. Ce fut pendant plusieurs jours unesuccession non interrompue de chants, de jeux, dedanses et de festins, auxquels prenait part cette fouled’étrangers venus de tous pays pour être témoinsd’un spectacle extraordinaire et unique, sans doute,en Europe. Deux vignerons, qui s’étaient le plusdistingués dans la culture de la vigne, furent dé-corés de la grande médaille de la Société, et cou-ronnés au bruit des fanfares et des applaudissemensdes spectateurs ; douze autres vignerons reçurent desserpettes d’honneur et des primes d’encouragement.
La fête de Yevey présente un mélange assez bi-zarre de cérémonies païennes, de rites empruntésde l’Ancien Testament, et de quelques usages go-thiques de l’Helvétie. En 1819 cette procession sin-gulière était partagée en huit divisions, dont cha-cune offrait une scène différente et avait en tête uncorps nombreux de musiciens portant les couleurset le costume de leur division. L’on y vit. figurer,comme autrefois, l’Abbé des Vignerons, avec leConseil d’administration de la Société; de jeunes