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Tome premier.
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actuelles. On ne pouvait que rire, en effet, à la vued’un seigneur de village costume' à la manière anti-que, et tenant avec fierté sous le bras une vieille ba-ronne à vertugadins; à la vue encore d’un notaire àtalons rouges et à tournure pédante, que suivaient lesdeux époux de la noce, tous deux coiffés et habillésdans le genre le plus grotesque et le plus ridicule,La marche de ce cortège immense, composé deplus de sept cents acteurs, était fermée par un déta-chement de militaires équipés et armés dans l’an-cien costume suisse, et qui donnaient à la cérémo-nie un air grave et imposant, malgré les farces bouf-fonnes dont elle était surchargée. Il faut espérernéanmoins que mieux instruits, mieux avisés parl’expérience, les Vaudois sentiront enfin l’espècede ridicule qui s’attache, surtout dans notre siè-cle, à une mascarade publique où règne un mélangeaussi inconvenant de personnages de la Bible et dehéros de la fable ; où tant de contrastes diminuentl’intérêt que pourrait exciter une fête toute natio-nale par ses souvenirs et par ses costumes ; et quin’est propre, en réalité, qu’à satisfaire l’œil des cu-rieux. Cependant comme il est juste de voir chaquechose sous ses deux faces, il est essentiel de se re-porter au but et à l'origine de cette fête, qui fut