ainsi que d’une troupe de satyres, de faunes armesde thyrses et dont les chefs e'taient couverts de peauxde tigre; de bacchantes, vives et animées, qui jouaientdu tambour de basque. Arrivait ensuite le vieux etgros Sylène monté sur un âne, et pouvant à peinese soutenir sur deux nègres marchant à ses côtés.La troupe joyeuse des satyres, des faunes et desbacchantes exécutait, à chaque station, les fameusesdanses du paganisme, connues sous le nom de bac-chanales, mais en évitant, d’après le programme dela fête, les moindres! gestes qui pouvaient choquerla décence ou la pudeur.
Enfin paraissait l'énorme grappe de raisin dupays de Chanaan, portée par deux vignerons, et quifut bientôt suivie de l’arche ou du char de Noé, oùl’on voyait un jardin garni de treillages à l’ombredesquels de jeunes vignerons foulaient le vin oufaisaient gaiement la récolte. Noé et la femme dece patriarche, assis l'un et l’autre à l’entrée de leurcabane , semblaient diriger les travaux de leurs en-fans, et prendre plai sir à les voir vendanger.
Une noce villageoise formait le dernier acte decette procession théâtrale ; elle égaya beaucoup lesspectateurs par son originalité, bien que le goût dçla pièce fut loin d'être en rapport avec nos mœurs