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Tome premier.
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« lui pouvoir faire: honneur. » Cette naïveté de fau-teur est en vérité fort curieuse; elle serait même untitre à l’indulgence des moralistes, si l’erreur vo-lontaire pouvait jamais s’excuser. Enfin, de l’avisde tous les critiques, le roman de Jean-Jacques ade nombreux defauts, si on le considère unique-ment comme livre de ce genre : l’intrigue est mal con-duite , l’ordonnance défectueuse ; les sentimens sonttrop outrés, les personnages trop uniformes, et lerôle de plusieurs est souvent odieux ; leur style, gé-néralement affecté, abonde en éternelles déclama-tions. Le costume est blessé sans cesse : l’auteur abeau se cacher, on voit toujours que c’est lui-mêmequi parle par la bouche de ses personnages. Aprèscela, ne peut-on point sourire de pitié en voyantavec quel enthousiasme il annonce le succès de sa

Julie, à propos duquel il dit sérieusement : «.Les

« femmes surtout s’enivrèrent et du livre et de fau-« teur, au point qu’il y en avait peu, même dans les« hauts rangs, dont je n’eusse fait la conquête, si

tous les prestiges de ce Protée littéraire! Eclairée par l’ex-périence des siècles, ne peut-il arriver qu’un jour la posté-rité fasse la remarque affligeante, que celui qui avait prispour devise : Vitam impendere oero, n’aura peut-être paslaissé après lui une vérité utile au genre humain ? »