« je l’avais entreprise. J ai de cela des preuves que« je ne veux pas écrire, et qui, sans avoir eu besoin« de l'expérience, autorisent mon opinion. » Un tellangage n’a pas besoin de commentaire. M me de Gen-lis, que j’eus l’honneur de voir à Paris, peu d’anne'esavant sa mort, me racontait que dans sa jeunesse elleavait beaucoup connu J.-J. Rousseau. Celui-ci, enlui parlant de ses ouvrages, l’entretint un jour aveccharme de la Nouvelle Héloïse, où il avait donnél’essor à son imagination brûlante. Il disait à M me deGenlis, alors âgée de dix-huit ans, qu’il écrivaittoutes les lettres de Julie sur du beau papier à let-tres , bleu d’azur, à vignettes et doré sur tranche ;qu’il les pliait ensuite en forme de billets, et qu’ilallait à la promenade pour les relire, les dévorantavec le même feu et la même avidité que s’il venaitde les recevoir d’une personne adorée.
La Nouvelle Héloïse, malgré beaucoup de para-doxes, renferme cependant des morceaux admira-bles, où la sagesse des principes est unie à l’éner-gie du style, et qui, aux yeux des philosophes chré-tiens, sont de vrais chefs-d’œuvre de sentiment, delogique et de bon goût : le duel et le suicide, cesfléaux des siècles modernes, y sont foudroyés par
des argumens terribles, et avec cette force d’élo-
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