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octogénaire ; il s’exprime avec vivacité, et avec unecertaine bonhomie où l’on remarque de la gaieté,de l’esprit et surtout beaucoup d’ardêur à s’entre-tenir des évènemens mémorables de la Suisse. Il estd’une taille moyenne, passablement gros et gras ;en un mot il m’a paru jouir d’une forte santé,malgré les quatre-vingts ans qui le touchent de près.Ce savant aimable, et plein de modestie, a connula plupart des hommes célèbres qui ont habité Lau-sanne ou Genève avant la fin du dernier siècle. Ilme parla beaucoup de Voltaire, de Gibbon (i), deSaussure, de Tissot, de Bourrit, de M me de Mon-tolieu, et autres personnages illustres qui l’admet-taient dans leur société par estime pour ses talens.Voltaire lui disait un jour, dans une conversationoù l’on passait en revue les plus fameux écrivainsde l’Europe : « C’est dommage que vos auteurs« suisses n’aient pas des noms français ! car vous« avez des héros qui méritent d’être chantés par« nos premiers poètes. » M. Bridel vit J.-J. Rous-seau en habit d’Arménien, dans le dernier voyageque celui-ci fit à Genève ; mais il ne lui adressa ja-
(i) J’ai rendu compte ailleurs des renseignemens quem’a donnés M. Bridel sur l’historien Gibbon. ( Voyez pages286 et 287;)