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Tome premier.
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qu’il exerçait encore à Aubonne; et ce qui ajoutaità la singularité’ de son verbiage, c’est que, s’expri-mant avec beaucoup de peine, à cause d’une diffi-culté' dans la langue, on aurait pu croire facilementqu’il avait alors une provision de petits caillouxdans la bouche. Ce vieil officier des baillis d’Au-bonne, très - brave homme du reste, se nommeFrançois VFadens. Je crois essentiel de donnerson nom, afin que nul ne puisse me soupçonner defaire entrer dans mon livre des personnages imagi-naires. Quiconque a séjourné ou demeure encore àAubonne peut me de'mentir s’il croit que j’exagèreou que j’ose inventer la plus petite chose au monde.Je le dis une fois pour toutes : la vérité' me fut tou-jours bien chère; elle me sera, je le pense, toujoursbien à cœur; je ne la trahirai donc pas plus dansmon ouvrage, que je n’oserais lui être infidèle dansaucune circonstance de ma vie.

Le salon deTavernier sert aujourd’hui de cuisineet d’atelier à l’huissier Wadens ; mais ce prétendusalon, de même que la chambre du célèbre voya-geur, est en fort mauvais état : un cordonnier denotre pays ne voudrait sans doute pas l’habiter.En effet ces deux pièces, entre lesquelles existele cabinet secret des anciens baillis, sont horri-