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Tome premier.
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de la manière la plus cruelle : on le perça de «coupsd’épèe, et il paya de la mort ses insultes «et sesvoies de fait.

La Confrérie de la Cuiller était composée deplus de soixante gentilshommes qui avaient j uré laperte de Genève ; ils cherchaient effectivement àcouper les vivres aux habitans de cette ville, et ra-vageaient le pays, par représailles, à cause des mauxqu’ils souffraient de la part de leurs ennemis. Leurhardiesse fut telle, dans plusieurs circonstances, queGenève, alors faiblement défendue par ses remparts,faillit même de tomber en leur pouvoir. Ils devinrentredoutables à cette capitale, et inspiraient l’effroidans toute la contrée, malgré la dénomination paci-fique qu’ils avaient adoptée depuis l’origine de leurinstitution. Ces gentilshommes de la Cuiller s’as-semblaient tous les ans à Nyon, vers le mois dejanvier : c’est là qu’ils méditaient en commun leursplans d’attaque, afin de mieux assurer le succès deleurs entreprises.

Je quittai Rolle de grand matin, et je suivis di-rectement la belle route de Nyon. Avant d’appro-cher de cette dernière ville, je traversai l’immenseforêt de Prangins ; le château de ce nom appar-tient à M me la comtesse de Chavagnac, née Fran-