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Tome premier.
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46 LIVRE I, C II A"PI T RE 6.

Les Ang lais passent pour réussir moins bien que lesFrançais dans les beaux-arts, et cependant ils en tirentplus de parti dans les applications qu’ils en font auxarts industriels ; ils savent surtout donner à tout cequi sort de leurs manufactures l’irrésistible attrait dela convenance. Leurs étoffes, leurs ustensiles de terreou de bois , ou de métal, ne se distinguent pas seule-ment par la grâce des formes et des dessins, le choixet la netteté des couleurs, ils sont encore ceux dontle service est le plus agréable. Ailleurs on croiraavoir tout fait en donnant à une aiguière la formed’un vase antique ; en Angleterre il faudra de plusqu’elle soit maniable, quelle verse facilement, qu’onpuisse la nettoyer sans peine ; son anse paraîtra dé-pourvue de grâces, si elle manque de commodité.Ailleurs on fait des étoffes magnifiques , les Anglais lesfont comme on les préfère ; ailleurs on fait des chefs-d’œuvre d’industrie qui ne peuvent convenir qu’auxgrands , aux riches, aux cabinets des curieux ; lesAnglais font ce qui est partout de mise, ce que toutle monde peut avoir , et ce qu’on n’a que pour en user.

L’ouvrier anglais seconde l’entrepreneur : il est engénéral laborieux et patient ; il n’aime pas que l’objetde son travail sorte de ses mains avant d’avoir reçu delui toute la précision, toute la perfection qu’il com-porte ; il n’y met pas plus de temps ; il y met plusd’attention , de soin , de diligence que la plupart desouvriers des autres nations.