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Tome premier.
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1)E LA PRODUCTION DES RICHESSES. 45

elles servent à leur fortune, et font leur réputationqni leur est plus chère que leur fortune. Une nationpar conséquent où les siences seraient peu cultivées ,pourrait néanmoins porter son industrie assez loin enprofitant des lumières venues d’ailleurs. Il n’en est pasainsi de l’art d’appliquer les connaissances de l’hommeà ses besoins et du talent de l’exécution. Ces qualitésne profitent qu’à ceux qui les ont ; aussi un pays où ily a beaucoup de négocians, de manufacturiers etd’agriculteurs habiles, a plus de moyens de prospéritéque celui qui se distingue principalement pour laculture des arts de l’esprit. A l’époque de la renais-sance des lettres en Italie , les sciences étaient à Bo-logne, les richesses étaient à Florence, à Gênes , àVenise.

L’Angleterre, de nos jours, doit ses immenses ri-chesses moins aux lumières de ses savans , quoiqu’elleen possède de très-recommandables , qu’au talent re-marquable de ses entrepreneurs pour les applicationsutiles, et de ses ouvriers pour la bonne et prompteexécution. L’orgueil national qu’on reproche aux An-glais, ne les empêche pas d’être la plus souple desnations lorsqu’il s’agit de sê ployer aux besoins desconsommateurs ; ils fournissent de chapeaux le nordet le midi, parce qu’ils savent les faire légers pour lemidi, et chauds pour le nord. La nation qui ne sait lesfaire que d’une façon , n’en vend pas ailleurs que chezelle.