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Tome premier.
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DE DA PRODUCTION DES RICHESSES. I7ILorsqu’à une autre époque, on a forcé les parti-culiers à planter des betteraves ou du pastel dans desterrains qui produisaient du blé, on a fait un mal dumême genre ; et je ferai remarquer, en passant, quec’est un bien mauvais calcul que de vouloir obligerla zone tempérée à fournir des produits de la zonetorride. Nos terres produisent péniblement, en petitequantité et en qualités médiocres, des matières sucréeset colorantes qu’un autre climat donne avec profu-sion (1) ; mais elles produisent au contraire, avec faci-lité, des fruits, des céréales , que leur poids et leurvolume ne permettent pas de tirer de bien loin. Lors-que nous condamnons nos terres à nous donner cequ’elles produisent avec désavantage, aux dépensde ce qu’elles produisent plus volontiers ; lorsquenous achetons païf conséquent fort cher ce que nouspayerions à fort bon marché si nous le tirions deslieux où il est produit avec avantage, nous devenonsnous-mêmes victimes de notre propre folie. Le com-ble de l’habileté est de tirer le parti le plus avantâ-

clieuse que soit d’ailleurs cette nécessité , de même que lamédecine emploie avec succès les poisons comme remède jmais il faut, dans l’un et l’autre cas , bien de la prudence etde l’habileté pour les administrer.

(1) Le célèbre Humboldt a remarqué que sept lieues car-rées de terrain , dans les contrées équinoxiales , fournissenttout le sucre que la France a jamais consommé dans lestemps de sa plus grande consommation.