DE LA PRODUCTION DES RICHESSES. 4 2 3
voir, ne fait courir presque aucun risque aux porteursde ses billets. Le plus grand malheur qui peut leurarriver, en supposant qu’un défaut absolu de confiancefasse venir à la fois tous ses billets à remboursement,est d’être payés en bonnes lettres-de-change à courteéchéance, avec la bonification de l’escompte, c’est-à-dire , d’être payés avec ces mêmes lettres-de-changeque la banque a achetées au moyen de ses billets. Silà banque a un capital à elle, c’est une garantie deplus; mais dans un pays soumis à un pouvoir arbi-traire , ni cette garantie, ni celle des lettres-de-changeen portefeuille , ne sont d’aucune valeur. En de telspays il n’y a d’autre garantie que la volonté du maî-
fiance , c’est là qu’est l’erreur. Si la banque d’Angleterres’est soutenue malgré cet échec, c’est parce que le gouver-nement et tous les banquiers de Londres , intéressés à saconservation , ont consenti à ne lui pas demander le rem-boursement de ses engagemens , qu’elle ne serait en état depayer en valeurs effectives , qu’autant que le gouvernementlui payerait à elle-même , en valeurs effectives , ce qu’il luia emprunté. Elle a prêté au gouvernement plus que ses ca-pitaux propres ( qui ne sont pas , à la rigueur , un gage né-cessaire à l’acquittement de ses billets ) ; autrement, les obli-gations qu’elle aurait en portefeuille auraient égalé la sommede ses billets en émission ; elle aurait pu les retirer tous , aumoyen de ses lettres-de-change, ou du moins en retirer jus-qu’à ce que le besoin d’un agent d’échange eût forcé lesparticuliers à les recevoir entre eux ; la loi aurait été super-flue , et la banqueroute ne scserait pas faite.