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Tome second.
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86 T.IVRE II, CHAPITRE y.

les habitudes des hommes influent beaucoup sur l’éten-due de leurs besoins. Il ne me paraît pas assuré queles ouvriers de certains cantons de France pussentvivre sans boire un seul verre de vin. A Londres ils 'ne sauraient se passer de bière ; cette boisson y esttellement de première nécessité, que les mendiansvous y demandent l’aumône pour aller boire un potde bière, comme en France pour avoir un morceaude pain ; et peut-être ce dernier motif, qui nous sem-ble fort naturel, paraît-il impertinent à un étrangerqui arrive pour la première fois d’un pays où la classeindigente peut vivre avec des patates, du manioc, oud’autres alimens encore plus vils.

La mesure de ce qu d faut pour vivre dépend doncen partie des habitudes du pays où se trouve l’ouvrier.Plus la valeur de sa consommation est petite, et plusle taux ordinaire de son salaire peut s’établir bas, plusles produits auxquels il concourt sont à bon marché.S’il veut améliorer son sort et élever ses salaires, leproduit auquel il concourt renchérit, ou la part desautres producteurs diminue.

Il n’est pas à craindre que les consommations de laclasse des ouvriers s’étendent bien loin, grâce au dés-avantage de sa position. L’humanité aimerait à lesxoir, eux et leur famille, vêtus selon le climat et lasaison; elle voudrait que dans leur logement ils pus-sent trouver l’espace, l’air et la chaleur necessairesà la santé ; que leur nourriture fût saine, assez, abon-