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Tome second.
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I.1VRE II, CHAPITRE 8.

semaine, ce qui fait plus de 86 pour cent par an;mais dès l’année suivante ce prince , qui pourtantpasse pour un des plus fidèles à leur parole que nousayons eu, fit secrètement diminuer la quantité dumétal fin contenue dans les monnaies ; de manièreque les prêteurs ne reçurent plus en remboursementune valeur égale à celle qu’ils avaient prêtée.

Cela suffit pour expliquer et pour justifier le grosintérêt qu’ils exigeaient. Sans compter qu a une époqueoù l’on empruntait non pas tant pour former des en-treprises industrielles, que pour soutenir des guerreset fournir à des dissipations ou à des projets hasar-deux , à une époque ou les lois étaient sans force et lesprêteurs hors d’état d’exercer avec succès une actioncontre leurs débiteurs, il leur fallait une grosse assu-rance pour couvrir l’incertitude du remboursement.La prime d’assurance formait la majeure partie de cequi portait le nom à’intérêt ou à'usure; et l’intérêtvéritable, le loyer pour l’usage du capital se réduisaità fort peu de chose. Je dis à fort peu de chose, carquoique les capitaux fussent rares, je soupçonne queles emplois productifs étaient plus rares encore. Surles 86 pour cent d’intérêt payés sous le roi Jean, iln’y avait peut-être pas plus de 3 à 4 pour cent quireprésentassent le service productif des capitaux prê-tés ; car tous les services productifs sont mieux payesde nos jours qu’ils ne l’étaient alors , et le service pro-ductif des capitaux ne peut guère actuellement être