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Tome second.
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ioa LIVRE II, CHAPITRE 8.

sant bonne, il y avait donc dans l’intérêt maritime54 pour cent payés pour l’assurance du prêteur ! Ilfaut attribuer cet énorme risque, d’une part, auxmœurs encore barbares des nations avec lesquelles ontrafiquait ; les peuples étaient bien plus étrangers lesuns aux autres qu’ils ne sont de nos jours, et les loiset usages commerciaux bien moins respectés ; il fautl’attribuer, d’une autre part, à l’imperfection de l’artde la navigation. On courait plus de risques pouraller du Pyre'e à Trébizonde, quoiqu’il n’y eût pastrois cents lieues à faire , qu’on n’en court à présentpour aller de l’Orient à Canton, qui sont à plus desept mille lieues de distance. Les progrès de la géo-graphie et de la navigation ont ainsi contribué a fairebaisser le taux de l’intérêt, et par suite le prix coûtantdes produits.

Dans l’influence que la nature de l’emploi exercesur le taux de l’intérêt, il faut comprendre la duréedu prêt : l’intérêt est moins élevé quand le prêteurpeut faire rentrer ses fonds à volonté, ou du moinsdans un terme très-court ; soit à cause de l’avantageréel de disposer de son capital quand on veut ; soitqu’on redoute moins un risque auquel on croit pou-voir se soustraire avant d’en être atteint. La facultéde pouvoir négocier sur la place les effets au porteurdes gouvernemens modernes , entre pour beaucoupdans le bas intérêt auquel plusieurs d’entre eux par-viennent à emprunter. Cet intérêt ne paye pas, selon