l)K LA. DISTRIBUTION DES RICHESSES. l43il en subsiste toujours un nombre plus que suffisantpour que l’espèce se perpe'tue. Et si les accidens, lesdestructions , le defaut des moyens de développementn’arrêtaient pas la multiplication des êtres organisés,il n’est pas un animal, pas une plante qui ne parvînten peu d années à couvrir la face du globe.
L’homme partage avec tous les autres êtres orga-nises cette faculté;et, quoique son intelligence supé-rieure multiplie pour lui les moyens d’exister, il finittoujours, comme les autres, par en atteindre la limite.
Les moyens d’exister pour l’homme sont ce quenous avons nommé les produits de son industrie, etpar ce mot nous ne devons pas entendre seulementles produits alimentaires, mais tous les autres pro-duits ; nous devons les supposer tous plus ou moinsnécessaires à son existence sociale, puisque dans lasociété on y met toujours un prix quelconque, etqu’il est rare qu’on ne puisse obtenir une certainequantité île denrées nutritives en échange de toutautre produit qui ne l’est pas. La Hollande se procuredu blé avec ses épiceries et ses toiles. L’Amériqueseptentrionale obtient du sucre et du café en échangedes maisons de bois qu’elle envoie toutes faites auxAntilles. Il n’y a pas jusqu’aux produits immatérielsqui, bien qu’ils ne soient pas transportables , procu-rent à une nation des denrées alimentaires. L’argentpayé par un etranger pour voir un artiste éminent,ou pour consulter un praticien célèbre, peut être