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Tome second.
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i46 LIVRE II, CHAPITRE II.

hommes va toujours non-seulement aussi loin queleur moyen d’exister le permettent, mais encore unpeu au-dela. Il est affligeant de penser, mais il estvrai de dire que, même chez les nations les plus pros-pères , une partie de la population périt tous les ansde besoin. Ce n’est pas que tous ceux qui périssentde besoin meurent positivement du défaut de nourri-ture, quoique ce malheur soit beaucoup plus fréquentqu’on ne le suppose (i) ; je veux dire seulement qu’ilsn’ont pas à leur disposition tout ce qui est nécessairepour vivre , et que c’est parce qu’ils manquent dequelque chose qui leur serait nécessaire, qu’ils pé-rissent.

. Tantôt c’est un malade ou un homme affaibli qu’unpeu de repos remettrait , ou bien à qui il ne faudraitque la consultation d’un médecin et un remède fortsimple, mais qui ne peut ni prendre du repos, niconsulter le médecin, ni faire le remède.

Tantôt c’est un petit enfant qui réclame les soinsde sa mère ; mais sa mère est forcée au travail parl’indigence ; l’enfant périt ou par un accident, ou parmalpropreté , ou. par maladie. C’est un fait constaté

( 1 ) L’hospice de Bicêtre , près Paris , renferme habituelle-ment cinq à six mille pauvres ; en iyg5, année où il y eutune disette , l’administration ne put leur donner une nour-riture ni si abondante, ni si bonne que dans un temps ordi-naire ; 1 économe de celte maison m’a assuré qu à cetteépoque ils moururent presque tous.