PE LA DISTRIBUTION DES RICHESSES. 145
aucune prévoyance dans la satisfaction de leurs appé-tits , les individus qui naissent, lorsqu’ils ne devien-nent pas la proie de l’homme ou des autres animaux,périssent du moment qu’ils éprouvent un besoin in-dispensable qu’ils nê peuvent satisfaire. Chez l’homme,la difficulté de pourvoira des besoins futurs fait entrerla prévoyance pour quelque chose dans l’accomplis-sement du vœu de la nature ; et cette prévoyanceseule preserve l’humanité d’une partie des maux qu’elleaurait a supporter, si le nombre des hommes devaitperpétuellement être réduit par des destructions vio-lentes (i).
Encore malgré la prévoyance attribuée à l’homme,et la contrainte que la raison, les lois et les mœurslui imposent, il est évident que la multiplication des
(i) A la Chine, la grande destruction d’enfans qui s’opèreindique que des préjugés de mœurs ou de religion contra-rient chez ces peuples la prévoyance qui borne la mnltiphca-tion de l’espèce ; et l’on doit déplorer de semblables préju-gés , car le mal qui résulte de la destruction est d autant plusgrand , que l’individu est plus développé et plus susceptiblede sentiment. Par la même raison , la politique qui multi-plierait les guerres et les moyens de destruction pour laisserplus de ressources aux survivans , serait plus barbare etplus insensée encore , parce quelle ferait porter la destruc-tion sur des êtres plus développés, plus susceptibles de sen-tir et de souffrir, et sur une époque de la vie où le dévelop-pement des facultés de l'homme le rend plus précieux pourles autres et pour lui-même.
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