l 5 o LIVRE II, CHAPITRE XI.
dépeuplé l’Espagne : ce sont ses mauvaises institu-tions qui 1 avaient depeuplee, et le peu de pro-ductions que fournissait le pays relativement à sonétendue (i).
Ce qui encourage véritablement la population, c’estune industrie active qui donne beaucoup de produits.Elle pullule dans tous les cantons industrieux ; etquand un sol vierge conspire avec l’activité d’unenation entière qui n’admet point de désœuvrés, sesprogrès sont étonnans, comme aux Etats-Unis , oùelle double tous les vingt ans.
Par la même raison les fléaux passagers qui détrui-sent beaucoup d’hommes sans attaquer les sources dela reproduction, sont plus affligeans pour l’humanitéque funestes à la population. Elle remonte en très-peude temps au point où la retient la quotité des pro-ductions annuelles. Des calculs très-curieux de Mes-sance prouvent qu’après les ravages causes par lafameuse peste de Marseille en 1720 , les mariagesfurent en Provence plus féconds qu’auparavant. L’abbéd’Expilly a trouvé les mêmes résultats. Le même effetavait eu lieu en Prusse après la peste de 1710. Quoi-que ce fléau eût moissonné le tiers de la population,°n voit par les Tables de Sussmilch (2) que le nombre
(1) Ustariz remarquait que les provinces d’Espagne qui en "voyaient le plus de monde aux Indes, étaient les plus peuplées.
(2) Cité par Mallhus , Tome II, page 2l4> de )a tra-duction.