|66 tIVSE II, CHAPITRE II.
beau quartier, une seule belle rue qui eût deux centsans d’anciennete. Tout ce qui date d’une époque an-terieure n y présente, sauf quelques églises gothiques,que des bicoques entassées dans des rues tortueuses,étranglées, qui ne suffisent nullement à la circulationdes voitures, des animaux, et delà foule qui attestentleur population et leur opulence actuelles.
L’agriculture d’un pays ne produit tout ce qu’elledoit produire, que lorsque des villes multipliées sontrépandues sur toute l’étendue de son territoire. Ellessont necessaires au déploiement de la plupart desmanufactures, et les manufactures sont nécessairespour procurer des objets d échangé à l’agriculteur. Uncanton où l’agriculture n a point de débouchés, nenourrit que la moindre partie des habitans qu’il pour-rait nourrir ; et encore ces habitans ne jouissent-ilsque d’une existence grossière , dépourvue de toutagrément, de toute recherche ; ils ne sont qu a moitiécivilisés. Qu’une colonie industrieuse vienne s’établirdans ce canton, et y forme peu à peu une ville dont leshabitans égaleront bientôt en nombre les cultivateursqui l’exploitent, cette ville pourra subsister des pro-duits agricoles du canton, et les cultivateurs s’enrichi-ront des produits industriels de la ville.
La ville même est un excellent moyen de répandreau loin les valeurs agricoles de sa province. Les pro-duits bruts de l’agriculture sont d’un transport dlffi-