188 LIVRE III, CHAPITRE 3.
Il en est exactement de même de toute épargnefaite sur la main-d’œuvre. Les épargnes sur la main-d’œuvre peuvent être de deux sortes : tantôt elles con-sistent à employer moins de travail humain ; c’estl’épargne qui resuite de l’emploi des agens naturelset des machines, qui ne sont que des moyens de tirerparti de ces agens. Elle est hautement désirable. L’au-tre épargné qu’on peut faire sur la main-d’œuvre alieu lorsque ceux qui sont des consommateurs demain-d œuvre, peuvent par leur position diminuer laconsommation et le bien-être des hommes qu’ils em-ploient. C’est ce qu’on voit dans les travaux opéréspar les esclaves, dans ceux des mines du Pérou , par-tout où la classe Ouvrière est mise dans une dépen-dance autre que celle qui résulte de la nature de sesoccupations (i).
Quand on a déduit d’une valeur produite par l’in-dustrie i°. la valeur des avances qu’elle a exigées ;a 0 , la valeur du service industriel rendu , l’excédantde valeur qui reste, est un produit net, une richessenouvelle introduite dans le monde.
Les avances comprennent l’acquisition de la matièrepremière sur laquelle s’exerce l’industrie, matière qui
(i) Si le but de l’organisation politique est de procureraux sociétaires tout le bonheur compatible avec leur condi-tion , une augmentation de valeurs produites obtenue auxdépens d une classe de la société , suppose un état social im-parfait.