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Tome second.
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22Ô LIVRE III, CHAPITRE 5.

veste veut avoir un habit ; celui qui a un habit veutavoir une redingote. L’ouvrier qui a une chambrepour se loger, en désire une seconde; celui qui adeux chemises ambitionne d'en avoir une douzaine,afin de pouvoir changer de linge plus souvent : celuiqui n’en a jamais eu , ne songe seulement pas à s’enprocurer. Ce n’est jamais parce qu’on a gagné, qu’onrefuse de gagner encore.

L’aisance des classes inférieures n’est donc pointincompatible, ainsi qu’on l’a trop répété, avec l’exis-tence du corps social. Un cordonnier peut faire dessouliers aussi bien dans une chambre chauffée, vêtud’un bon habit, lorsqu’il est bien nourri et qu’il nour-rit bien ses enfans, que lorsqu’il travaille transi defroid, dans une échoppe , au coin d’une rue. On netravaille pas moins, ni plus mal, quand on jouit descommodités raisonnables de la vie. Le linge est aussibien blanchi en Angleterre, ou les blanchisseurs fontleur métier commodément dans leurs maisons , et nesont pas forcés de l’aller péniblement savonner à larivière.

Que les riches quittent donc cette puérile craintede manquer , si le pauvre acquiert de l’aisance, deschoses que convoite leur sensualité. L’expériencecomme le raisonnement montrent, au contraire, quec’est dans les pays des plus riches, les plus générale-ment riches, qu’on trouve plus facilement à satisfaireSCS gOlltS les plus délicats.