22 8 LIVRE III, CHAPITRE 6.
opère la consommation et les résultats de cette con-sommation.
Si le commencement de ce troisième Livre a étébien eptendu, on concevra sans peine que les con-sommations publiques, celles qui se font pour l’uti-lité commune , sont précisément de même natureque celles qui s’opèrent pour la satisfaction des in-dividus ou des familles. C’est toujours une destruc-tion de valeurs , une perte de richesses, quand bienmême il n’est pas sorti un seul e'cu de l’egceinte dupays.
Pour nous en convaincre encore mieux, suivonsle trajet d’une valeur consommée pour l’utilité pu-blique.
Le gouvernement exige d’un contribuable le paye-ment en argent d’une contribution quelconque. Poursatisfaire le percepteur, ce contribuable échangecontre de la monnaie d’argent les produits dont ilpeut disposer, et remet cette monnaie aux préposésdu fisc ; d’autres agens en achètent des draps et desvivres pour la troupe : il n’y a point encore de va-leur consommée, ni perdue ; il y a une valeur livréegratuitement et des échanges opérés. La valeur four-nie par le contribuable existe encore sous la formede vivres et d’étoffes dans les magasins de larmee.Mais, enfin cette valeur se consomme ; dès lors cetteportion de richesse sortie des mains dun contribua-ble , est anéantie, détruite.